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En souvenir de notre exil inoubliable
Blog en mémoire de mon grand-père
requis du travail forcé en Allemagne nazie
de mars 1943 à mai 1945


Cinéma Familia
Le cinéma était l’une des distractions de mon grand-père en Allemagne. Dans ses lettres affleure une culture cinématographique populaire. Le cinéma est aussi un lieu de mémoire familiale. Cinéma Familia à Beaune dans le 1er quart du XXe siècle (Source : Archives municipales de Beaune) En Allemagne, Jean se rend au cinéma de la ville d’Eger[1] à partir de novembre 1943, d'après ses lettres. En décembre, il va voir le film Les Inconnus dans la maison. « Avec Raimu », précise-t-
14 août4 min de lecture


Le lièvre et la tortue
Le traitement de la question de la nourriture me donne l’occasion de m’arrêter sur deux détails anecdotiques qui y sont reliés dans les lettres de mon grand-père. Il ne s’agit pas de fables mais de choses vraies. Extrait d'un article du mensuel Regards du 5 décembre 1947 sur la fabrication de la soupe de tortue (source : https://gallica.bnf.fr) Le Lièvre « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », dit la fable. Pour échapper aux bombes alliées sur le camp d’Eger, il p
10 août3 min de lecture


Les « bons colis » de France
Les « légendaires colis », selon l’expression de l’historienne Helga Elisabeth Bories-Sawala[1], ont joué un très grand rôle, non seulement pour leur contenu matériel qui permettait de pallier le manque de nourriture sur place, mais aussi pour le lien affectif qu’ils représentaient avec la famille. Dans le récit familial, indirect et lacunaire, que ma grand-tante, mon père et mes oncles m’ont transmis de l’expérience de mon grand-père, l’importance des colis était d’ailleurs
10 août3 min de lecture


La nourriture au STO racontée par les lettres de mon grand-père
« J’y ai crevé de faim », disait l’humoriste Raymond Devos lorsqu’il évoquait ses deux années en Allemagne comme requis du STO[1]. La nourriture, et plus particulièrement son défaut, constitue de loin le sujet le plus souvent abordé par mon grand-père dans ses lettres. La question occupe à elle seule, en nombre de caractères, près de 12 % de la correspondance. À titre de comparaison, les conditions de travail, autre thème récurrent, en occupent à peine 5 %. Avec une matière p
10 août7 min de lecture


La chambrée « Mimosa »
Dans le camp de baraques où était logé mon grand-père à Eger, les requis étaient rassemblés par groupe de vingt. Unités d’habitat collectif, ces chambrées étaient des groupes de sociabilité et de référence, avec leur organisation, leurs habitudes, leurs signes. Dès les premiers jours de son séjour en Allemagne, cet aspect ressort nettement des lettres de mon grand-père, comme si ce mode de sociabilité avait été déjà en place et rapidement intégré. Revue de chambrée en 5 point
25 mai6 min de lecture


« Cette pauvre baraque »
À Eger[1], mon grand-père était hébergé dans une baraque. Je m'attache ici à décrire ses conditions matérielles de logement, avant une revue de chambrée dans un autre article. Intérieur d’une baraque conçue pour les travailleurs forcés (source : Archives de la ville Waldshut-Tiengen) Pour loger les millions de travailleurs et prisonniers de guerre déplacés en Allemagne[2], le régime nazi eut recours dans l’urgence à des constructions légères, rapides et aménagées sommairemen
24 mai5 min de lecture


Un singe en Eger
Dans la première lettre qu’il adresse à ses parents à son arrivée à Eger, mon grand-père fait le point sur son installation dans sa chambrée. Il mentionne la présence d'un singe. Qu’est-ce que cet animal exotique pouvait bien faire dans un camp de travailleurs requis, à deux pas d’une usine aéronautique ? Comment avait-il pu arriver là ? Avec qui ? Photo extraite du documentaire de Jean-Christophe Rosé « 39-45, les animaux dans la guerre » « Et nous avons un petit singe surn
24 mai2 min de lecture


Robert C., un requis permissionnaire qui écourte son exil
« Tous deux ici, on est comme des frères », écrit mon grand-père le 22 avril 1943 pour parler de sa relation avec Robert C., originaire de Beaune et travailleur requis à Eger comme lui. Après 6 mois d’exil, Robert C. réussit à rentrer en France grâce à une permission qui lui a été accordée. Il ne reviendra pas à Eger. Résultats du certificat d'études primaires à Beaune en 1934 où figurent mon grand-père, Jean D., et Robert C. (journal Le Bien Public du 4 juillet 1934, p.6 ; s
18 mai7 min de lecture


Un champion de marche sportive à Eger
Parmi les rencontres que mon grand-père a faites dans l’Allemagne de cette époque où des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses étaient déplacés, l’une d’elles a piqué ma curiosité. Dans une de ses lettres, il évoque un athlète marcheur, Jean Strunc. J’ai trouvé quelques informations sur cet « obscur », qui a marqué l’histoire de sa discipline et dont le parcours semble receler aussi quelques mésaventures. Photo extraite de l’hebdomadaire But-Club-le Miroir de
10 avr.3 min de lecture


La « Coupe » de L’Auto
À la première lecture des lettres de mon grand-père, une de mes surprises fut de découvrir que même en Allemagne et bien que son temps libre fût rare, il pratiqua le rugby, son sport favori . Tout comme les autres loisirs dont il parle dans ses lettres , cela me semblait contrevenir à l’idée que je me faisais de sa condition de travailleur forcé. Pas si contradictoire pourtant… car les activités sportives, si elles permettaient aux travailleurs de se divertir, étaient aussi c
5 avr.4 min de lecture


Le rugby de père en fils
Pratiquer le rugby en Allemagne n’était pas anodin pour mon grand-père. Et, pour moi, savoir qu’il y jouait, ne l’est pas non plus. Le rugby était une composante importante de sa vie et de son identité de jeune homme, puis de père. Importance qu’il a transmise à ses fils. En retour, le rugby est un lien avec mon grand-père. Le rugby, lieu de mémoire familiale et mémoire du lien. Équipe de rugby du Club Sportif Beaunois en 1948 (archives familiales). Jean est debout au 2 e r
5 avr.4 min de lecture


Le coltin
En argot, le coltin désigne le travail. Mon grand-père utilise ce terme à plusieurs reprises dans ses lettres. Exploiter la force de travail était la raison d’être des mesures de réquisition mises en place par l’Allemagne ou par les pays occupés, comme ce fut le cas en France. Dans cet article, je me penche sur les emplois et les conditions de travail de mon grand-père lors de son exil[1]. Atelier de fabrication de l'usine d'Eger (source B. Derelle et http://www.vrtulnik.cz/w
17 mars7 min de lecture


Karlsbad, Franzensbad, Marienbad, la vie en Bohême
« Il faut éviter certains mots devant un ancien requis. Le terme « loisir » est de ceux-là », écrit l’historien Patrice Arnaud dans la somme qu’il a consacrée aux STO [1] . Alors que les anciens requis se sont battus après-guerre pour que soient reconnues leurs souffrances, revendiquant en vain le statut de déporté, l’évocation des loisirs et du temps libre était taboue. Pourtant, ce fut une réalité. Les lettres de mon grand-père en témoignent, notamment lorsqu’il évoque
25 oct. 20253 min de lecture


Raymond C., un travailleur requis de Dijon interné à Dachau
Libres en théorie, les travailleurs requis français étaient en général étroitement surveillés, surtout dans les lieux où ils étaient regroupés en grand nombre comme à l’usine d’Eger . Ils étaient soumis à une répression sévère. Beaucoup connurent la prison, les camps de rééducation (AEL) ou les camps de concentration. Ce fut le cas de Raymond C., compagnon de chambrée de mon grand-père, originaire comme lui de la Côte-d’Or. Carte de départ au STO de Raymond C., né le 7 juille
24 oct. 20254 min de lecture


Un Beaunois mort sous les bombes à Eger
L’ usine d’aviation d’Eger et les alentours étaient des cibles privilégiées pour les Alliés qui ont pratiqué de nombreux bombardements. Lors de l'un d'entre eux, un copain de chambrée de mon grand-père, originaire de Beaune comme lui, a perdu la vie. Carte de départ au STO de René B. (source : Archives départementales de Côte-d'Or) Dès ses premières lettres, mon grand-père évoque avec des métaphores pour contourner la censure les bombardements quasi-quotidiens : « Autant v
23 oct. 20254 min de lecture


Eger ou « Biribi »
À Eger (aujourd’hui Cheb en République tchèque) se trouvait une importante usine d’aviation. C’est là que mon grand-père fut envoyé et demeura jusqu’en mai 1944, avant d’être muté à Asch . Horaires de travail à rallonge, hébergement collectif spartiate, nourriture insuffisante, froid, surveillance, tout cela ajouté à la nostalgie de Beaune et de sa famille : les ingrédients étaient réunis pour faire de ce lieu le bagne, hormis quelques répits joyeux avec les copains. Photo (
23 oct. 20256 min de lecture


Lettre de l'administrateur du journal Ce Soir à la mère de Jean
A la fin de la guerre, en avril 1945, alors que la correspondance écrite est quasiment stoppée depuis juillet 1944 et que sa famille n'a donc plus de nouvelles, la mère de Jean reçoit une lettre de l'administration du journal Ce soir dont le correspondant de guerre, embarqué avec les troupes alliées, a rencontré mon grand-père. Je livre ici une reproduction et une transcription de cette lettre. (source : archives familiales) Voici le texte in extenso de la lettre : " Madame
19 oct. 20252 min de lecture


Asch, une renaissance sur les cendres de l'exil
Début mai 1944, Jean est transféré à Asch (aujourd'hui Aš en République tchèque), petite ville située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d’Eger où il demeurait depuis son arrivée en Allemagne. C'est là qu'il va vivre sa "nouvelle vie", sur laquelle un mystère plane puisque la correspondance écrite s'arrête peu de temps après son arrivée. Ville frontière avec l’Allemagne, Asch[1] a été la première cité traversée par Hitler le 3 octobre 1938 lors de l’annexion des Sudè
19 oct. 20255 min de lecture


Censure et contournement
Toutes les lettres et les cartes passaient par la censure. Avec astuce et malice, comme mon grand-père, les requis s’employaient à la contourner avec des formules compréhensibles de leurs seuls destinataires. Le cachet Ae apposé au « Centre de contrôle des lettres étrangères » à Francfort Le courrier entre l'Allemagne et la zone occupée dans les deux sens était contrôlé dans un « Centre de contrôle des lettres étrangères » ( Auslandsbriefbrüfstelle ) [1] à Francfort. Lors du
3 janv. 20255 min de lecture


Les lettres, un lien dans l’exil
Les paroles s’envolent, les écrits restent. Les paroles de mon grand-père se sont envolées, jamais je n’aurai entendu le son de sa voix....
3 janv. 20259 min de lecture
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